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Chiens dangereux: trois mois d’émoi pour rien

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Mirtille
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MessageSujet: Chiens dangereux: trois mois d’émoi pour rien   Sam 11 Mar - 11:32

Chiens dangereux: trois mois d’émoi pour rien

* Le Conseil fédéral a renoncé, hier, à interdire les pitbulls et autres molosses. Joseph Deiss est désavoué.
* Aux Chambres, les élus préparent la riposte. Deux motions exigeant la mise à ban des chiens seront examinées.
* A Genève, les autorités prendront leurs responsabilités, promet Robert Cramer, en charge du Service vétérinaire.

Berne/fabio lo verso
Publié le 11 mars 2006

Les molosses ne seront pas interdits au niveau fédéral. Après deux mois de tergiversations, le Conseil fédéral a renoncé, hier, à mettre à ban treize races de chiens réputés dangereux.

Aucune base légale ne permet à la Confédération d'édicter des normes anti-chiens - © Keystone

Rien n'a, finalement, pu être obtenu par Joseph Deiss. Le Fribourgeois a tenté de faire revenir ses collègues de droite sur leurs positions. Ce baroud d'honneur a accentué la nervosité autour d'un thème déjà chargé d'émotion.

Pour Hans-Rudolf Merz, Pascal Couchepin, Christoph Blocher et Samuel Schmid, l'interdiction reste l'affaire des cantons. Aucune base légale, selon eux, ne permet à la Confédération d'édicter des normes antichiens. On se souvient de la promesse, un brin hâtive, faite par Joseph Deiss d'interdire les molosses... Détail qui ne ­manque pas de sel, le dogue allemand de Samuel Schmid a sans doute influencé la décision. Avec une interdiction, il aurait, probablement, passé à la trappe. De quoi dissuader le Bernois, d'abord assez enclin à voter l'interdiction.

Après la mort atroce, d'un enfant, mis en pièces par trois pitbulls à Oberglatt, dans la campagne zurichoise, la colère a dicté l'agenda politique. Prise à partie par la presse de boulevard (lire: le Blick), la classe politique a foncé, tête baissée, demandant des mesures drastiques. Quelque 148 parlementaires (sur 246) ont précipité le mouvement, en signant la ­pétition du Blick (paraphée par ailleurs par plus de 18 000 personnes). Dans la foulée, deux motions ont été déposées au National. Elles seront examinées mercredi prochain.

La messe n'est pas dite

Et la messe n'est pas encore dite. Si les Chambres venaient à les approuver, le Conseil fédéral se verrait acculé à élaborer les bases légales qu'ils lui font actuellement défaut. Pour sa part, ce dernier a demandé aux élus de les repousser. C'est une requête que les socialistes (PS) et les parlementaires démocrates-chrétiens (PDC) ne sont pas du tout prêts à suivre. De ces formations sont issues les voix les plus virulentes en faveur de l'interdiction. Un débat musclé s'annonce en perspective. Entre les élus et le gouvernement, le choc sera frontal, à moins d'un recul de dernière minute.

Après l'annonce, hier, on ­percevait un penchant vers la retenue dans les coulisses des partis. On attend les mots d'ordre. Il n'est pas exclu que la tension s'estompe, laissait-on entendre dans les secrétariats politiques. Désormais, la seule voie à suivre est celle d'un changement législatif. Les procédures parlementaires, on le sait, peuvent faire tomber dans l'oubli les meilleures intentions.

Propriétaires sous la loupe

Joseph Deiss avait assuré que les propositions qu'il présenterait au Conseil fédéral allaient passer. Il lui reste maintenant à tenter de rattraper le coup en «renforçant la protection actuelle contre les chiens dangereux». Le Fribourgeois n'en démord toujours pas. Par ailleurs, a-t-il relevé hier, «le gouvernement n'a pas discuté des autres mesures que je préconisais, aux côtés de l'interdiction.»

Il s'agit de normes plus restrictives sur l'élevage et la détention, visant à mieux responsabiliser les propriétaires de molosses et autres pitbulls. «Si les chiens sont maltraités, le danger est plus grand», a-t-il souligné. Selon le ministre de l'Economie, il est alors imaginable, par exemple, de rem­placer la responsabilité civile simple par la responsabilité causale dans la loi.

«Un propriétaire répondrait alors des dommages causés par ses animaux», même si ce dernier n'a pas commis de faute. Il serait aussi responsable de la manière avec laquelle il entretient et éduque son chien. Des propositions qui, néanmoins, risquent d'être à nouveau renvoyées à son expéditeur, tant la volonté de maintenir le statu quo semble l'emporter au Conseil fédéral. Au parlement, les socialistes et le PDC ont déjà prévenu leurs ministres. S'ils ne parviennent pas à trouver un moyen pour apaiser les craintes de la population, une initiative populaire sera lancée.
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